jeudi 28 juin 2018

Le Ring : Débat "Fin" Mai & Début Juin.

En Grande Discussion… 

C’est vrai que le CSAU a dû chambouler certaines perceptions du caractère ? 
Le CSAU en lui-même n’est pas problématique, si un juge qualifié et connaisseur délivre le certificat. Le problème survient si le juge par excès de zèle va trop loin, j’ai vu de mes yeux un juge arracher la laisse des mains d’un concurrent. Alors comment te dire… sur certains chiens d’antan, nous aurions dû faire une pause pour que le Monsieur reprenne ses esprits (rires). Je plaisante évidement, car tu te doutes bien qu’à l’époque, si un conducteur te disait « reste là, n’approche pas trop », tu avais tendance à l’écouter. Blague à part, au jour d’aujourd’hui et pour le CSAU, je pense qu’il faudrait créer des formations avec des études de race, ceci pour éviter une uniformisation. Un Malinois n’est pas un Golden Retriever n’est-ce pas ?
Pour éviter un amalgame, il faudrait faire une distinction selon les races ? 
Sans aller si loin, un simple explicatif sur l’approche de l’exercice suffirait. Après pas d’amalgame en ce qui concerne l’amalgame (humour). Il s’agit de juger un Malinois pour ses aptitudes au travail et au sport, il ne faut pas tout confondre et en élevage, lorsque l’on parle de sélection canine, il faut toujours se projeter, car n’oublions jamais que nous travaillons pour le long terme et que chaque décision se verra bénéfique ou catastrophique. Le CSAU est une uniformisation, or on ne peut pas uniformiser ce qui veut rester libre. Un vrai Malinois possède sa propre nature et c’est dans cette nature qu’il faut piocher. Pourquoi ? Parce qu’il y’a sa part d’innée, mais également une foule de conséquences. Si tu prends un chien lambda ce n’est pas un problème puisqu’il n’a pas les capteurs et les codes d’insertions étiquetés « sélection ». Du fait, tu achètes un brave chien de compagnie et c’est la loterie ? Par contre, tu ne peux pas la jouer comme ça avec un chien de compétition, parce que tu veux « un physique + un caractère ». Donc si tu souhaites définir un ensemble, tu vas analyser obligatoirement son schéma génétique ; d’où vient-il ? (Ring, RCI, Français, Belge, Etc.), puis tu te renseignes sur comment ses 2 branches « père-mère » ont évolué et enfin, tu dois savoir comment ils vivaient « maison, chenil, les 2 ou autre ». Une fois que tu possèdes un maximum de renseignement, tu établies un premier constat, si tu as un vieux rustique pas commode et bien tu le sais. La nature de ce chien n’est pas problématique si elle est dans de bonnes mains. Ce qui t’amène à une première réflexion qui stipule « chaque propriétaire de chien est responsable de son (ses) chien ». Je pense qu’il est même intéressant de le savoir en le notant sur ton carnet de travail. Exemple : chien ne montrant aucun geste d’agressivité en société, mais ne désirant pas se faire caresser par un inconnu. Texte signé et approuvé par le propriétaire. Le juge fait son travail, il le signale au conducteur qui signe « sa propre responsabilité » sur la gestion de son chien. Si tu échelonnes l’analyse du chien pendant le CSAU, tu vas t’y retrouver en tant qu’éleveur. Exemple : CSAU 1) chien éduqué & agréable en toute circonstance. CSAU 2) Chien éduqué, sociable avec l’homme, mais pas avec ses congénères. CSAU 3) Chien éduqué, ne faisant preuve d’aucune agressivité, mais ne souhaitant pas de contact avec un inconnu. Au moins, nous aurions une base de réflexion sur le caractère, car voyez-vous… vous avez des chiens sympas dans la vie, qui, une fois en situation se transforme !    
L'Etalon Malinois : INTO des 2 Sabres.

C’est-à-dire ?
Un chien d’utilisation dans la vie par exemple. Je vais vous parler d’un Malinois que j’ai beaucoup aimé et que j’aime toujours « Into des 2 Sabres ». Il était très agréable, mais à un point dont vous n’avez pas idée ! Sauf que Gilles Egert son propriétaire est un Maître-Chien, c’est son métier et lorsque Into portait sa tenue de travail (collier d’inter, muselière, harnais, etc.), ce n’était plus le même. Nous sommes en présence d’un Malinois qui sait faire la part des choses. C’est-à-dire que lorsqu’il est sur un Ring, il est sportif. Dans la vie… il est agréable et au boulot, c’est le boulot. Avec ce type d’indice, vous pouvez définir vos codes de sélection, puisque vous avez un maximum de données. Ceci est très important et ici je vous parle d’Into, mais je pourrais vous parler de Mustang ou de Dickson à Michel Pechereau et de beaucoup d’autres qui relèvent de plusieurs missions. 
Vous avez l’impression que tout n’est pas clair en ce qui concerne le CSAU ?
Non, je n’irais pas jusque-là, car il faut remettre le CSAU dans son contexte. Imaginez qu’à l’époque, on nous (les éleveurs-dresseurs) avait assimilé aux chiens d’attaque de type Pit-Bull et je ne sais quoi d’autre. Encore une brillante idée médiatique (rire), du coup, il a fallu trouver une parade pour prouver notre bonne foi. Ce n’est qu’après la mise en place d’un nouveau style d’examen qu’il faut en tirer un bilan. Aujourd’hui, ça fait un moment que le CSAU est en place, qu’en est-il des mentalités ? Pouvons-nous traduire un changement sur la génétique de nos chiens ? Ces derniers temps, j’ai discuté avec des Amateurs de Malinois et de plus en plus de propriétaires cherchent un chien sympa, pour ne pas dire « très » sympa. Là encore, il faudra faire attention sur l’avenir du Malinois et ne pas se concentrer que sur un et un seul pôle de caractère. Pour ça, redéfinir l’aspect du CSAU avec des termes plus précis permettrait aux éleveurs de ne pas tourner que sur le concept de chien sympa remis sur une lignée qui ne bronche pas, pour découler sur une famille de chiens qui exécute sans moufter, etc. « ça » les amis… ça ne va durer qu’un temps. Pour solidifier un caractère, il te faut un vecteur, un mental et une sélection propre à l’emploie. Si le Ring continue à baisser et si l’élevage ne sollicite plus les « Warriors » de jadis, nous irons sur de magnifiques prestations de dressage, mais plus sur une sélection type. Un chien classique fera l’affaire !
Et les conséquences ?
Les conséquences sont dues à la sélection du chien, si l’éleveur a fait son boulot, il peut te définir le comportement futur du chiot. On sait que le chien possède une lignée rustique de chiens d’extérieurs, qu’il est gardien et plutôt rebelle. Les conséquences de sa vie vont faire que tu vas garder ça où l’enlever petit à petit. Aujourd’hui, les éleveurs vont se référer uniquement à un sport, exemple le Ring et ne vont jurer que par ça… mais ton étude doit aller bien au-delà du Ring. Sinon, tu vas produire des chiens de Ring pour le Ring, mais qu’en est-il de la polyvalence ? De la rusticité ? De l’anatomie ? De la longévité ? En élevage tout doit coexister, il te faut des chiens complets et ceci est valable pour toutes les races de chien de travail, de sport ou d’utilité. A l’inverse, si tu prends un éleveur qui utilise que des chiens extrêmement durs ou estampillés comme tels, nous aurons le même schéma, en clair : ils seront inutilisables. La grande différence entre un éleveur lambda et un éleveur de chien de travail c’est qu’il doit toujours rester du bon côté de la barrière. Il doit élever de forts chiens, mais stables et pour ça, tu dois tout analyser.

CERDAN des 2 Sabres… Comme un Air de Famille. 

D’accord, mais c’est un boulot hyper difficile ?
Mais qui a dit que c’était facile ? On ne t’oblige pas à élever des chiens de travail, c’est un choix et ce n’est pas parce que tu as une sélection affirmée aujourd’hui, que par méconnaissance ou bêtise, tu as le droit de faire n’importe quoi. Que disent la majorité des utilisateurs depuis 10 ans ? Nous n’avons plus besoin des chiens d’antan… Ah bon et à ton avis les lignées que tu as actuellement viennent d’où ? Gagné des chiens d’antan, qui eux sautaient, dormaient dehors, vivaient jusqu’à 16 ans, etc. tout ça pour te dire que même si tu n’as plus besoin du vieux Malinois à gueule d’ours qui grogne dans sa grotte, respecte-le et ne t’éloigne pas trop de son schéma de base. L’élevage est ainsi fait et si tu disposes d’une pluralité de caractères, il faut s’en servir, non les interdire.  
Cependant, lorsque l’on mentionne le Ring : on parle de Sport non ?
Bonne question et à 80 %, la première réponse que va te donner un pratiquant est la suivante : c’est un jeu ! Partant du principe que c’est un jeu, nous devons en définir la terminaison car les axes sont multiples. Certes, c’est un jeu dans l’esprit « sport » du terme, c’est-à-dire que c’est un jeu viril, mais avec des codes sportifs parfaitement instaurés. Sauf-que ; le Ring au même titre que d’autres disciplines de dressage est surtout un art et ça ; à par Daniel Debonduwe personne ne le souligne ou rarement. Vous savez… la précision, le contrôle et la spontanéité sont souvent rattachés à des domaines artistiques. Ensuite, nous entrons dans l’aspect philosophique et là nous découvrons que le Ring n’est pas un jeu en tant que tel, c’est le jeu qui s’intègre dans le Ring "surtout en ce qui concerne la prise". C’est-à-dire que le jeu n’est pas la source de la discipline, puisque la source s’avère être la sélection canine. 



Tout démarre de la fameuse sélection ?
Oui et de ce fait, l’entreprise de jeu, au même titre que le sport, la santé, etc… font partis de la source, c’est-à-dire de cette sélection. Personnellement, j’ai connu des chiens et des chiennes qui ne jouaient pas du tout et qui travaillaient seulement dans le but de pratiquer une (ou des) discipline pour m’informer d’une pluralité de compétences, qui s’avèrent au finish un formidable développement d’aptitudes. C’est comme ça que l’on peut élever avec un regard lucide sur l’avenir. Ainsi, lorsqu’une autorité m’appelle pour me demander un avis, je peux par le biais d’une étude approfondie les diriger.
Par exemple ?
Lorsqu’un utilisateur me contacte, car souvent le Club de race donne mon numéro et dans le cas où il s’agit d’un militaire, d’un Policier, etc. je vais l’orienter sur des origines sélectionnées grâce à des éléments dit de caractère affirmé. S’il s’agit d’un sauveteur, Pompier, etc. je vais conserver le caractère évidement, mais l’élément jeu va également prendre une place importante. L’amour de l’objet, de la piste ou de la découverte vont entrer immédiatement en haut de liste. Si c’est un Berger de métier, la base de réflexion sera encore différente. Nous avons le cheptel et les disciplines pour analyser tout ça. En plus, nous avons les éleveurs pour parler justement, alors parlons une langue simple.


André Noël en Démonstration

Cela dit, ça peut paraitre compliqué pour un novice ? 
C’est bien pour ça, que d’emblée nous devons prendre les bons termes. Dans le cas d’un Malinois de travail ou de compétition, que se passe-t-il ? Le débutant va sur internet et il se met à lire tout un tas de commentaires « le Ring c’est le jeu », « mon chien partage ma vie, car c’est un amour », « il est sociable, gentil avec les gens, les chiens, les chats et les hamsters », « quand j’vais au parc, il n’attaque jamais les ptits canards dans la mare ». Tout ça c’est très joli, mais 1) qui a rédigé le message ? Parce que s’il s’agit de quelqu’un qui pratique, le chien est éduqué, donc il possède une bonne tenue chez vous, en ville et en société. Pour quelqu’un qui ne pratique pas, comment ça va se passer s’il touche un Malinois avec un caractère très affirmé ? Mince alors, le mien course les canards, les moutons et il vient de manger mon lapin nain !!! Il faut donc prendre les bons termes, le Malinois est un chien idéal si et seulement si, le propriétaire le comprend, le gère et reste juste. 
Il faudrait faire une campagne complète ?
Il ne faut pas inverser les rôles, c’est au futur propriétaire de faire un effort de compréhension, ce n’est pas à nous « les passionnés » d’évangéliser le peuple. Il faut que les gens se prennent en main, il faut qu’ils s’informent, pour ça : il y’a des clubs de race non ? Ensuite, il faut que l’éleveur reste à l’écoute de l’acheteur, etc. c’est un travail commun. A cause de toute cette négligence, nous allons attendre d’être en surpopulation canine pour prendre des mesures ? Vous ne croyez pas qu' il est nécessaire que chacun gère sa vie ?
Vous ne pouvez pas nier que le Malinois est entré dans les foyers ?
Mais l’un n’empêche pas l’autre, s’il est éduqué… vous pouvez avoir un Malinois ou un Berger Allemand chez vous. Les problèmes arrivent, lorsque les gens désirent un chien par rapport à ce qu’ils ont vu sur internet. Je dis et re-re-redis, le Malinois n’est pas un chien de compagnie ! A cause de son succès, tout part dans tous les sens et il faut recadrer les choses et surtout dire les choses, comme : nous avons trop d’ouverture aujourd’hui, les grandes lignes de sang sont fracturées et justement, il faut arrêter avec les « le Ring c’est l’jeu », « mon kiki, il dort avec nous », « il mange à table et il remue la queuequeue lorsqu’il est content ». Stop avec tout ça, un Malinois sélectionné pour le travail, le sport ou l’utilisation ça se mérite. Un chien n’est pas qu’une couleur, une taille, bref une image, c’est un tout. Il possède son histoire, sa philosophie, sa sélection et son mode de vie doit être lié à son esprit. Pour conserver son intégrité, il suffit de dire les choses clairement & simplement.

Monsieur François Lelevier avec Phaust de la Noaillerie 
Trop d’engouement peut tuer une race ? 
La tuer non, mais l’amenuiser oui. Nous « les cynos de ma génération », nous sommes battus pour ne plus avoir l’étiquette Chien de Défense au-dessus de la tête. Nous voulions avoir une autre appellation et Chien de Compétition fut trouvé. Vous savez qui en est à la source ?
Non ?
C’est Mr François Lelevier qui s’est toujours démené pour obtenir une lecture directe sur ce que l’on fait. C’est-à-dire de la compétition avec un chien génétiquement fait pour ça. Lui-même a poussé l’expérience très loin, puisqu’il a placé 2 Malinois chaque année dans 2 ou 3 disciplines « Ring, Campagne & Pistage », puis il ne s’est pas arrêté là… il a travaillé un Malinois du nom de Rocky, sur un programme de Ring Français & Belge. Autant dire que le terme « chien de compétition » relève d’un doux euphémisme, mais pour ça et pour en arriver là, il faut certes un grand bagage cynophile, mais il faut également définir, que dis-je… déchiffrer les caractères. Nous devons rester cohérent avec nos convictions, car à force de détourner la réalité fonctionnelle d’une phrase, nous finirons par nous mentir et un jour nos enfants croiront en nos mensonges. Le Ring est un Art, un Art Martial diraient certains ! C’est une discipline extrêmement difficile et par ce fait « le jeu » s’intègre dans le socle des valeurs souhaitées, mais l’âme du Ring ne se décèle réellement que dans l’identification des caractères. 


Le Malinois Belge ROCKY. 
Comment dirais-je… c’est un aspect « philosophique » du Ring ?
Tout sport, toute pratique à un aspect philosophique et visuel. Dans le doute, remontez à la base et découvrez l’étymologie de nos exercices, vous noterez un aspect aussi pratique que technique. Si vous désirez faire du sport avec votre chien, c’est très bien et je vous en félicite, mais pour ça ne détruisez pas ses racines. Exemple : vous croyez qu’un corps d’élite vient vous acheter un Malinois pour le jeu ? Certes cette notion lui sera utile, mais à la base, il cherche surtout un équipier qui ne va pas caler si le besoin s’en fait sentir. Le Malinois est le meilleur chien du monde parce qu’à la base il était fort « physiquement & caractériellement ». Les Cynophiles qui sont au départ de sa sélection ont vu un phénomène avec ses valeurs, ses qualités et ses aptitudes. De grâce ne changeons pas ça, parce qu’il aurait du succès comme chien de famille ou pour lisser le Ring dans sa phase la plus restrictive. 
Je suis d’accord, mais avouez que les termes : chien de travail, de sport ou d’utilité sont difficiles à intégrer parfois ?
Ils sont difficiles à comprendre chez les débutants, parce qu’il n’y’a pas d’information pour expliquer la subtilité des nuances. Nous avons de nombreux programmes qui prouvent les aptitudes de nos chiens dit de Travail. C’est-à-dire que par le sport nous prouvons le bien fondé de notre passion « élevage-dressage » d’où le terme chien de travail. Grâce à notre investissement dans le domaine du sport et donc, du chien de travail, nous fournissons une garantie pour les administrations qui cherchent des chiens d’utilisations. En France, nous avons d’excellents programmes qui permettent aux administrations de trouver les chiens qui certes, par « un dressage approprié » leur permettra d’évoluer dans leur métier, mais grâce à qui ou à quoi ? Grâce à la difficulté des exercices ! Sauf que si vous niveler la discipline par le bas, vous ne permettrez plus aux administrations de trouver l’équipier idéal pour partir en mission. Que feront-ils ? Ils iront acheter leur chien en Hollande ou au Verbond, pourquoi ? Parce qu’ils ont conservé l’esprit originel du chien de travail, c’est aussi simple que ça.

Le Ring : Débat Terminé.

Le fameux Arat ; le Malinois de Travail lui doit beaucoup.

Alors si je vous suis bien, vous n’êtes pas dans l’action « Touche pas à mon Ring », car pour vous, il est nécessaire de revoir le Ring et ses exercices ?
Non je ne vois pas les choses comme ça, car il faut vivre avec son temps. D’ailleurs le terme : Touche pas à mon Ring, si ma mémoire est bonne, c’est Daniel Debonduwe qui avait dit ça lorsque les premiers changements avaient été annoncé, dont la baisse de la palissade à 2m30 et il avait raison à l’époque. Aujourd’hui, nous n’en sommes plus là, si demain un éclair de génie nous permet de remonter à 2m50 A/R, tu ne vas pas dire non ? Si demain on remet un travail en muselière, bref si tu touches au Ring de façon intelligente où est le problème ? Le fait de floquer des T’Shirts, etc. c’est sympa et ça montre l’envie des Ringueurs de ne pas s’en laisser compter, mais la véritable inscription c’est « respecte mon Ring », respecte les valeurs et la philosophie du Ring ! Parce que si tu pousses la réflexion, ce que prévoit l’avenir est très étrange. Pourquoi un plan incliné, concrètement, ça va servir à quoi ? La personne qui n’est pas capable d’apprendre à son chien à descendre correctement se doit d’aller à la pêche ou de jouer aux boules, mais de grâce qu’elle ne fasse pas de Ring. Ensuite pour un parcours de finale sous des températures élevées, il y’a de nombreuses solutions. Exemple : le GTR travaille de son côté et il demande l’avis d’une dizaine de volontaires pour plancher sur un schéma type, donc rapide, sans perte de temps et aussi fonctionnel que concis. Une fois le parcours correctement tracé sur le papier. Il faut le tester, puis le proposer à quelques grands concours d’été comme le CH Wasels par exemple. Une fois les grandes lignes écrites, le mettre en place définitivement, mais attention sans le stéréotyper. Il faut juste garder l’esprit fonctionnel du tracé, il n’est pas question de conserver un tracé identique à chaque finale, j’espère avoir été clair sur ce point.  
Il faudrait pour ça, que des Ringueurs se sentent concernés dans l’élaboration et l’évolution de la discipline ?
Mais, ils le sont à 90 % et je peux te donner beaucoup de noms. Dernièrement, Eric Cavaillé a travaillé sur un maximum de possibilités, Philippe Andron également, Annick Sylvestre, Marc Villain, Michel Valladon, Frédéric Aubry, etc. je pourrais continuer, mais j’ai trop peur d’oublier quelqu’un… croyez-moi, il y’a une sacrée dynamique dans le Ring. Le tout, c’est de prendre les propositions très sérieusement et de les traduire sous forme d’aménagement et si c’est jouable, bravo !


Epreuve de Palissade, début du 20ème siècle. 

Tu penses qu’il est nécessaire d’être plusieurs pour faire évoluer la discipline ?
Il faut faire attention avec les termes « plusieurs » & « évoluer ». Dans la mesure où les Cynophiles ont un bagage solide, il n’y’a pas de problème. La preuve, les gens qui prennent des directives aujourd’hui, ont-ils se bagage ? Voici la première interrogation, ensuite le mot évoluer est ambigu. L’évolution propose diverses formules et lorsque l’on parle de Ring, il faut en connaître son cheminement. Au départ, il n’y’avait qu’une dizaine d’exercices, puis l’évolution en a proposé des nouveaux, enfin certains en ont remplacé d’autres.
 Par exemple ?
Par exemple la Garde au ferme a remplacé la fuyante arrêtée. C’est intéressant comme analyse, car la Garde au Ferme est très Germanique dans l’esprit, il n’y’a pas de Garde au Ferme en Belgique, par-contre il y’a 2 faces comme en Mondio + une fausse également de face comme en Ring Français. Le travail en muselière fut également supprimé en France, la muselière est aujourd’hui portée en marche au pied, cet exercice est d’ailleurs typique au Ring Français. Comme vous pouvez le constater, notre Ring évolue par étapes, mais il a toujours su garder une cohérence de vérification jusqu’au jour où le sport a voulu se faire plus gros que la sélection. Ce jour-là, comme je l’ai expliqué avec les sauts, nous avons petit-à-petit commencer à déstructurer les fondamentaux, nous avons évolué dans le mauvais sens, voilà pourquoi il faut faire attention avec les termes choisis. 

Alors les bons termes sont lesquels ?
Il y’en a 4 : conserver, travailler, vérifier et progresser. D’où l’importance d’avoir de bons dirigeants, car voyez-vous… il y’a des tas de choses à gérer. Il n’y’a pas que le Ring ou le terrain, il y’a aussi, les budgets, les dates, les autorisations, les organisations, trouver les stades, etc. Je ne vais pas me faire le porte-parole de nos dirigeants, mais pour vous donner un exemple, je vais vous parler de mon club « le CFCBB ». Vous n’avez pas idée de la somme de boulot qu’il faut déployer pour organiser une N-E ? C’est énormément de travail, de réflexions et de mises en place. Tout ça pour vous dire que lorsque nous faisons partis d’un organisme, nous comprenons les difficultés générales qui peuvent survenir dans bien des niveaux, ce qui englobe évidement les consignes de sécurité. De ce fait, sans être magnanime ou naïf, je comprends les tourments de certains de nos dirigeants, mais être compréhensif ne veut pas dire que j’approuve certaines décisions.
Il faut débattre donc ?
Oui, et être aussi diplomate que déterminé dans ses idées et ses actions. Du moment où le respect est là, où est le problème ? Nous ne sommes pas en Corée du Nord, mais en France… de ce fait, le peuple a son mot à dire. Il faut rester correcte, logique et bien maitriser son sujet, car nous avons des droits, mais aussi des devoirs. Dans l’idée où des nouvelles directives vont à l’encontre de la sélection canine, c’est simple : il suffit que les Présidents de Club pratiquant le Ring écrivent une lettre en stipulant qu’ils ont lu avec attention les nouvelles propositions et qu’ils sont au regret de ne pas faire suite aux directives proposées. La raison est simple, toutes les propositions vont à l’encontre de la sélection canine. Bien sûr, il faut un explicatif appuyé, une signature de l’ensemble des présidents de club + un avis de chaque CU de club de race. Dans la mesure où les explications sont justifiées et que nous avons en face de nous des personnalités intelligentes, il y’a moyen de s’expliquer quand même…  

Mr François Lelevier pilotant le légendaire Xjellaba dit Duc.

Vous aviez évoqué une commission de sages, une superbe idée ?
Cette idée n’est pas de moi, mais là encore de Monsieur Lelevier. Un soir, nous parlions ensemble et il m’a aimablement expliqué ce qu’était une commission de sages et ; c’est d’ailleurs « la » solution, comme souvent ce que nous explique François. D’ailleurs, si nos dirigeants avaient été plus humbles, ils auraient fait appel à lui… 
Vous l’avez sollicité ?
Oui et il m’a répondu : comment avez-vous pu laisser faire ça ? Autant dire que j’étais dans mes petits souliers. J’ai tant bien que mal résumé la situation et il fut sidéré par autant de méconnaissances. Nous avons raté quelque chose m’a-t-il dit ! Puis, il a pris le temps de la réflexion et ses explications ont rejoint les miennes. 
Tout est à rejeter dans les dernières propositions ? 
Non bien sûr que non, comment ne pas être attentif au bien-être de nos équipiers ? Par contre au mot « rejeter », je préfère « consulter », car il s’agit de vérifier avec une caste d’experts, si les propositions sont les bonnes. Nous avons pour ça un GTR, qu’a-t-il fait ? Il a sillonné la France pour une ouverture de dialogue, qui serait contre ça ? Les membres du GTR sont des pratiquants, certains ont été : compétiteurs de haut niveau, éleveur, juge et même H-A, si avec eux, nous ne trouvons pas de solution c’est qu’il y’a plus qu’un problème au sein de notre cynophile… mais un vrai malaise. 


Mr Haest & Nelko du Mas des Lavandes.

Vous avez parlé ensemble ?
Bien sûr, car avant d’être des membres du GTR, ils sont surtout des amis. Michel Pechereau & Bernard Boutonnet sont de vrais amis que je connais depuis des lustres. On peut tout se dire et nous avons dialogué sur des tas de sujets. Comme je ne cesse de le répéter, nous avons de bons dirigeants, alors parlons et si nous ne sommes pas d’accord, ça n’empêche en rien le respect.
Le respect est décidément une valeur essentielle à vos yeux ?
Sans respect, nous allons nulle part. Lorsque l’on explique les choses, lorsque l’on consulte et lorsque l’on débat… il y’a une forme de respect. Dans la mesure où quelqu’un te dit « c’est comme ça et pas autrement », ça devient tout de suite compliqué. Sincèrement, je pense que les Cynophiles Français sont à l’écoute des nouvelles propositions si elles sont justes. J’en veux pour preuve qu’il y’a quelques années et outre le fait que tu payais une cotisation dans ton club : il fallait prendre une licence, puis passer un CSAU, mieux… retourner à l’école pour passer des diplômes Niveau 1 & 2. Pour le bien des disciplines et donc, de la sélection canine, les utilisateurs ont fait l’effort. Après, on change le règlement, on modifie un exercice comme la palissade, on parle de scinder un parcours, voire de supprimer un groupe, vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup pour des Cynos qui souhaitent simplement s’investir pour que leur programme soit le meilleur ? Imaginons maintenant qu’après toutes ces propositions, les Ringueurs disent « ah bon, Ok, vous voulez ça… pas de problème ». Que vont dire nos dirigeants « du moment qu’ils pratiquent… on peut demander ce que l’on veut, car les Ringueurs ne pensent même pas à la sélection, c’est triste ». Alors que là, il y’a une réelle responsabilisation sur la sélection canine, au moins… on ne peut pas leur reprocher ça. En tant que dirigeant et à titre personnel, je serais fier que mes compatriotes ne prennent pas le Ring et donc, la sélection qui en découle à la légère.
Alors que faire ?
Si nous voulons sortir de cette impasse, c’est facile : il suffit que les Ringueurs, nos dirigeants et des membres influents de la SCC fassent un pas dans la même direction. Comme je l’ai expliqué dans un de mes textes, il faut convoquer les CU des Clubs de race, des Ringueurs chevronnés, les membres du GTR et une délégation de la SCC pour débattre à tête reposée de tout ça.

Condition Physique "ici" Rep de la Fontaine du Buis. 

Tu penses que ça serait possible et au fait, qu’en est-il de cette rumeur de groupe supprimé ? 
Oui, c’est possible. Pour la simple raison que nous sommes toutes & tous des cynophiles et que nous travaillons dans un but précis « sélectionner nos races canines ». Après en ce qui concerne le G5 & le G8. Nous nous sommes aperçus que sur le dernier tour de sélectif, qui est très important… il n’y’avait pas le quota de concurrents. Tu te retrouves avec 8 compétiteurs d’un côté et 10 de l’autre, c’est trop juste. Suite à ce constat, j’ai fait la proposition suivante à Bernard Boutonnet : il faut coordonner les jurys dés le départ pour que le G5 & le G8 se retrouve avec un jury identique sur le dernier tour, ainsi, il suffit de jumeler les 2 groupes dans un dernier sélectif. Ce n’est pas un problème, car le G5 & le G8 sont voisins. Il faut juste trouver un club qui permette aux 2 groupes de ne pas traverser la France, car il n’est pas question qu’Anglet joue à Orléans ou l’inverse. Si nous restons cohérents, c’est jouable et nous pouvons ainsi, conserver les 2 groupes.   
Enfin, une dernière question. Que pensez-vous de l’internationalisation du Ring ?
Pourquoi pas… mais nous avons déjà du mal à gérer le Ring en France, alors dans le monde (rires…) ! Plus sérieusement, il y’a de nombreux pays qui pratiquent le Ring Français et pour moi, les meilleurs sont Mexicains. 
Ah bon… pourquoi ? 
Parce qu’ils ont conservé notre vieil esprit. Je regarde souvent des concours au Mexique et je les trouve très bons. Après, il y’a l’Espagne, les USA, le Canada, de bonnes équipes en Afrique également, en Europe aussi et si l’Asie s’y met, c’est faisable. Cependant, n’oublions pas que le Ring est une discipline pratiquée par des Amateurs et des Professionnels. Selon ta vie active, tu envisages ou pas, une carrière internationale. Je vais te donner un exemple tout bête, j’ai beaucoup de copains qui travaillent « des commerçants, des agriculteurs, des Infirmiers, etc. » et le lundi matin, ils sont à l’usine. Alors je ne vais pas généraliser, je vais juste te parler de mes potes : 1) Ils n’auront pas le temps d’aller à l’étranger ou une fois de temps en temps. 2) Ils n’auront pas le budget financier pour aller jouer loin de la France. Du coup, s’il s’agit d’un championnat d’Europe ou du Monde et qu’une « grosse » participation est prévue par la SCC, les sponsors, etc. pourquoi pas… mais un Amateur ne sera jamais dans le même confort qu’un Pro qui « lui » ne fait que ça, c’est son métier. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le Ring a toujours été pratiqué par des castes modestes, le terrain n’étant pas loin, c’était le rendez-vous des amateurs purs & durs. La découverte des compétitions restait souvent régionale, puis nationales. Le Mondioring et le RCI ont bousculé les codes, grâce à ses 2 disciplines, il y’a eu un regard appuyé sur l’international. Cela dit, le RCI a séduit beaucoup de nations qui n’avaient pas de programme national et le Mondioring a été créé par l’ensemble des nations qui « elles » avaient un programme national. 


L'Exceptionnel : Vass du Faubourg des Postes.


En effet, il y'a une différence ?

Absolument, si demain, tu places l’idée d’un championnat du Monde NVBK, comment et par qui la discipline va être gérée ? Et c’est ce qui m’inquiète pour la France, qui va gérer quoi ? Si les instances restent « Franco-Française » avec un bon Président à sa tête, ça ne me gène pas, par contre si c’est la FCI… je suis plus nuancé. Non pas que j’ai quelque chose contre la FCI, mais simplement parce que je pense que notre Ring doit être géré par de vrais Ringueurs. Cette discipline demande des années d’expertises pour la comprendre, ce n’est qu’une fois comprise & assimilée, que l’on peut prétendre la gérer. 
En fait, il ne faudrait pas la dévaluer pour la rendre accessible au plus grand nombre, c’est bien ça ?
Absolument, il ne faut pas limiter les sauts, lisser le bâton, etc. pour envisager un engouement mondial. Au contraire, il faut conserver l’esprit authentique du Ring Français, car c’est aux autres nations de s’adapter et surtout de comprendre notre Ring. A quoi sert le Ring, sa philosophie, son historique, sa pratique, etc. Voilà, c’est juste mon avis, mais cela dit je suis très surpris et admiratif que l’on souhaite une vision internationale de notre Ring. C’est flatteur « pour nous » en tout cas.

Phaust de la Noaillerie : Une condition physique exemplaire ici en 1987.

Après tant d’années, vous devez être surpris de voir autant de changements ? 
Surpris non, car tout ça c’est grâce au Malinois. Nous le subodorions et nous avons vu le phénomène Malinois devenir exponentiel. Comme disait André Noël « on ne peut pas passer à côté de la valeur ». On le savait, c’était écrit et du fait, c’était obligatoire qu’un jour ou l’autre, le Malinois dominerait le monde ! Voilà pourquoi, c’est un chien qu’il faut manier avec précaution et que des nombreuses personnes « cynophiles ou non » souhaitent un Malinois parce que c’est un super chien, ça je le comprends… mais que des gens veulent à tout prix lui confisquer son âme, là c’est non, non et non. D’ailleurs, sur ce sujet, nous en avons longuement parlé Mario (Pessel éleveur du Musher) et moi, je lui ai dit que nous devenions sans nous en rendre compte « cynophilement réac » et que peut-être, il est temps pour nous de passer la main.    
Vous serez à la Finale ?
Non malheureusement, car j’ai un problème dorsal qui m’invite au repos, mais je serais derrière mon PC. Je profite de l’occasion pour remercier tous les ami (e) s qui partagent leur vidéo sur le net et un grand bravo aux Finalistes.

Cher (e) s Cynophiles, voici les 6 mois résumés en plusieurs pages. Toutes les réactions, réflexions et concertations ont été débattues avant la Finale de Ring. Nous reviendrons sur le grand événement, ainsi que sur la N-E du Berger Belge prochainement. En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances, Amitiés Cynos JMi.   

jeudi 14 juin 2018

D'Hummer Maussade...


La vie nous réserve parfois des surprises ou ce n’est peut-être que ma destinée, allez savoir ? A l’époque, je suis les sélectifs du G5 et je prends quelques photos à St Denis de pile. L’Homme de terrain de ce jour n’est autre que Sylvain, il me dit « j’ai mon chiot et je vais te le présenter à la pause ». 
Chose promise, chose due et je découvre un gaillard d’à peine 3 mois en très grande forme. Sa joie de vivre nous transporte… il se fait un devoir de saluer l’ensemble de curieux, en mixant rapidité et sureté. Pourtant, pour un œil avisé, son attitude reste typique : un chaleureux « je vous salue les gars » certes, mais ne vous trompez pas… je suis là ! 
Mr Sylvain Chancereul & Hummer du Cami de Catheric.

Séance tenante et malgré une pluie incessante, le petit se jette sur la toile proposée par Frédéric Matuszak. Nous sommes à l’abri sous la bâche du camping-car, il y’a du bruit, du monde & des regards, mais le jeune grizzly n’est pas désorienté pour autant : prise franche, en calée poussée svp… le fouet est haut, campé sur ses pattes arrière la classe parle et le Malinois « vainqueur » emporte sa proie avec l’aplomb légendaire de ses ancêtres. Tellement épaté par ce que je viens de voir, j’appelle son éleveur Mr Éric Cavaillé pour lui faire part de mon admiration. Celui-ci m’explique son travail d’élevage, ce qui me permet de ciseler mes impressions. Le reste, vous le connaissez et aujourd’hui, je viens d’apprendre que Hummer prend une retraite bien méritée. Comme quoi « la vérité » ne passe pas toujours par la finale. Respect camarade.    

jeudi 5 avril 2018

Sélection, Ring, Fondamentaux & Résistance à la chaleur. Acte 1.

En ce qui concerne le Ring Français et en termes d’évolutions canines, nous arrivons à un point crucial. En effet et bien que nous déroulons plus de 120 ans de cynophilies appliquées, il arrive encore que certaines personnes (bien souvent par manque de culture) confondent un peu tout. J’en veux pour preuve le récent débat sur le bâton : en effet, après l’interdiction de toucher le chien en Mondioring, cette motion viendrait taquiner le RCI ? Sur ce sujet, il serait souhaitable d’avoir au moins un communiqué relaté par un cynophile digne de ce nom, afin de nous expliquer en quoi « toucher le chien avec un bâton ou avec un ustensile quelconque » serait préjudiciable ?

Il serait également souhaitable d’analyser une sélection canine, voire une progression « chez certaines races de travail » par le biais d’éléments tangibles et non, sur des suppositions déclarées en petit comité. Mon affirmation n’est pas vaine, puisque de nombreux fondamentaux sont souvent remis à l’étude et débattus par des personnes qui n’ont pas forcément le bagage culturel ou technique, pour y répondre (les différentes propositions pour la palissade, n’est-ce pas ?). Force est de reconnaître qu’il faut toujours soigneusement évaluer la situation et surtout proposer des alternatives, histoire… de conserver nos acquis.


Une Franche Poussée du Bâton, ici Le Tervueren E-T du Musher. 

De ce fait et en ce qui concerne la France ; si nous faisons un bref résumé, nous pouvons dire que grâce à la multiplicité de nos phases de travail (surtout pour le Ring) découlera deux points importants. 1) nous sommes entrés de plain-pied dans une phase évolutive, que nous définirons de sportive. 2) « nous » (c’est-à-dire les Amateurs Français) avons par le biais du Berger Belge Malinois exporté notre science du dressage et de l’élevage sur le globe. De nombreuses nations parlent d’un Ring sportif, combatif aux actions ciselées et toujours déterminé par le courage du chien ou encore, j’adore cette précision ultime que les Français façonnent dans leur Ring-Sport. Certes,  nous sommes salués et si les appellations changent, les profonds ancrages restent ! C’est bien simple, en moins de 30 ans : 
-          A) Nous sommes passés d’une franchise « chien de travail » à « chien de compétition ».

-          B) Nous avons tellement évolué en capacité sportive, que nos chiens ne sont plus considérés comme des « chiens d’utilisation », mais comme des « athlètes ».

-          C) Notre Ring est devenu tellement technique, qu’il est nécessaire de revoir, que dis-je… repenser son cheminement sur l’année.
Action, Réaction, ici Hyrock des Guerriers Jean Bart

Ce qui par la force des choses est tout à fait logique. Si nous prenons comme référence l’historique de nos disciplines (ce que j’ai fait depuis la base Kenneliste du début du siècle dernier), nous avons eu des changements (parfois draconiens), des avancées, des stagnations, de vives reprises et de fortes inspirations (surtout dans la sélection) depuis, maintenant 60 ans. Il est évident que chaque changement apporte une mutation sur les cheptels et par ce biais, chaque micro-changement doit être soupesé avec la plus grande précaution. De ce fait, à l’aube des années 2020, nous devons tirer un bilan et décortiquer l’ensemble de nos fondamentaux, tout en incluant de nouvelles données. L’une de ses données sera invariablement « le regard de notre Ring » vu par une masse de personnes non-cynophiles. Je veux dire par là, que nous avons ouvert plusieurs brèches et qu’il faut maintenant, les expliquer. A cela 3 raisons :
1)      Aujourd’hui, le chien de travail dit de compétition est entré dans le foyer. C’est-à-dire, que le chien de travail pur & dur vivant dehors (au chenil) se fait de plus en plus rare. En effet, le Cynophile tient à intégrer son compagnon de sport à l’intérieur du logis. Suite à cela, une humanisation surement due à une vision anthropomorphique fait que le chien de sport n’est plus traité comme jadis.

2)      Cette même vision (à tort ou à raison) fait que le regard des masses sur les disciplines canines engendre une foule de réactions. Fort heureusement, elles sont souvent positives, mais certaines persistes et demandent un réajustement.

3)      Enfin, nous vivons une époque très procédurière où un problème même lambda peut prendre des proportions ingérables.  

Le Fond, la Forme et le Contrôle, ici Hélice du Domaine d'Orca.
Nous devons donc, analyser, définir et anticiper le moindre reproche et cela, en évitant toute situation ambivalente. Il va sans dire, qu’à une époque où des organismes veulent supprimer la touche du bâton, il est d’une importance capitale : d’expliquer pourquoi « nous avons un bâton », de quoi est fait ce bâton et à quelle densité, nous touchons le chien avec, mais ceci faisant parti de notre patrimoine, nous l’expliquerons aisément. Par contre, un danger plus sournois pèse sur nos épaules !

Sélection, Ring, Fondamentaux & Résistance à la chaleur. Acte 2.

1987 - G'Bibber.

Depuis quelques années déjà, j’entends des gens parler de nos finales de Ring et de nombreuses personnes (ce qui englobent aussi des cynophiles) disent : qu’il est nécessaire de revoir les parcours en pleine chaleur. Sur ce sujet, il faut savoir que des normes de travail ne sont plus à l’étude, mais bien en place. Quelques-unes varient, mais nous diront qu’au-dessus de 27 degrés, il sera « juridiquement » très difficile de faire « concourir » un chien de sport dans le futur. Pourquoi cela, me direz-vous ? Nous le faisions bien avant disent les uns ? Et que faites-vous de la sélection à la chaleur disent les autres ? Prenons le temps d’analyser ces quelques réclamations : 
A)    Par le passé, il est vrai que nous avons connu des finales particulièrement rudes en ce qui concerne les températures et la première des questions que nous devons nous poser et la suivante : est-ce que ce fut une bonne chose ?

B)    La sélection à la chaleur : puisque nous l’évoquons est bien en place dans les fondamentaux de sélection et lorsque, je débats avec de nombreux cynophiles… étrangement, elle ne semble plus intéresser personne ? 
Ceci, est une grave erreur, car nous devons avoir un regard avisé sur la résistance à la chaleur, pourquoi ? Parce qu’à la base nos chiens sont des Bergers, du coup… seront-ils toujours capables d’escorter les troupeaux par tous les temps dans une trentaine d’année et que dire des chiens de patrouille dont la mission est de délimiter tous les points chauds d’une ZMS ou exécuter des fouilles de terrain (ce qui inclut des régions arides) ? Faut-il rappeler à certaines personnes, qu’au début du siècle dernier, d’éminents Cynophiles, dont Mrs François Semal ou Franz Huyghebaert (Frère de Louis, le parrain du Malinois) n’ont pas hésité à braver « mers & océans » pour installer des structures en Amérique du Sud et ô surprise, nos Bergers Belges se sont parfaitement acclimatés. Enfin que dire, de nos Malinois en Afrique où là encore les températures n’ont rien à voir avec la Belgique & la France. Comme vous le notez, la résistance ainsi que l’acclimatation globale (car dans certaines contrées, il fait chaud le jour et très froid la nuit) de nos Bergers Belges fait bien partie du patrimoine génétique de base. Voici deux ou trois exemples parmi des dizaines, mais voyez-vous : au-delà du sport, nos chiens de travail ont une utilité propre hors de nos terrains. Il ne s’agit pas d’annoncer une directive qui irait à l’encontre même de leur emploie principal. Tout ça, pour vous faire comprendre qu’une vision trop humaniste ne doit pas détériorer un siècle de sélection. Si je prends le temps de vous expliquer cet état de fait, c’est qu’afin de ne pas choquer les braves gens : il faudrait que dans un futur proche ; nos chiens de travail n’affirment plus leurs fières origines. Ceci me révolte au plus haut point !

Vous l’aurez compris, chacune de nos éventuelles décisions doivent être en adéquation avec notre race et donc avec une attention soutenue de la naissance de ladite race (en cas de doute, toujours revenir sur l’étymologie). Voilà comment, nos prochaines générations de Cynophiles pourront palier à cela, soit : définir, expliquer et déterminer nos fondamentaux. Partant de là, où en sommes-nous avec notre Ring :

 - Est-ce que le côté sportif n’a-t-il pas dévoré le côté utilitaire, voire certaines décisions fonctionnelles de nos aspirations sélectives ?
- Est-ce qu’au-delà de ça, les pratiquants « eux-mêmes » n’ont pas changé ?

J’en veux pour preuve que si lors d’un concours, un chien se voit barré un peu sèchement… toute la planète « via Internet » est au courant. Ceci mérite également une explication : Dans un premier temps, placer un film ou une photo « explicite » sur la toile est doublement problématique. Déjà, il faut délimiter l’endroit, a) lorsque l’on est sur le terrain, nous avons une vision plus précise des choses (ce qui fut très souvent mon cas), b) lorsque l’on se trouve à la barrière, on perd du visuel, mais si l’on est bien placé… on peut argumenter, c) à la buvette, elle est parfois déformée, voire étrange (humour je précise), d) sur un film et afin d’être formel, c’est extrêmement difficile. Pour une photo, c’est encore plus compliqué, pourquoi ? Parce que l’on peut lui faire dire la vérité & son contraire. Bref, ce type de doléance ne peut que profiter aux anti-mordants pour retourner l’information contre nous, donc prudence les amis.  

Année 80 en Hollande. 

Pardonnez-moi cet aparté, mais nous ne pouvons pas demander de conserver notre virilité sélective d’un côté et de l’autre, pleurer pour avoir une palissade amoindrie, une face simpliste en Cat 3 et voter pour la technique au détriment de l’efficacité ?
Ceci me parait pour le moins antinomique et dans un futur proche, il faudra bien déterminer ce que l’on souhaite. Comme vous le notez, rien n’est simple et l’ensemble de nos réflexions devront « point par point »  être débattu. Pour cela, concentrons-nous sur le simple souhait des Ringueurs. Ce qu’ils ou elles souhaitent avant tout, se nomme : équité ! Alors si je reproche à l’internaute la diffusion « d’une face virile » sous prétexte qu’il n’a pas eu la même que les autres, je condamne le jury qui a permis cela. Le déroulement d’une face de Ring 3 est expliqué clairement dans le règlement, il y’a des critères précis et celle-ci doit être en vigueur d’une sélection « une sélection qui exige une impartiale rigueur ». En effet, lorsque nous assistons à une petite face « sous prétexte que le chien n’est plus dans les points », nous ne sommes plus dans l’esprit, pourquoi ? Parce qu’un tel manque de respect apporte un discrédit à la discipline. Une face doit rester identique « dans l’intensité & le sérieux » du premier au dernier chien, ceci est obligatoire. Hors mis « la déontologie » que notre sport exige, il existe d’autres variantes :

- 1) lorsqu’un bon chien prend une vraie face, elle parait disproportionnée par rapport à une Face médiocre.

- 2) Lorsque nous retrouvons nos chiens de sélectifs en saillie, il s’agit de mettre une véritable appellation sur sa valeur, car « si ledit chien a fait 30 points de face sur le fameux jury si difficile », mais que l’H-A lui a donné le bras,... t’as bonne mine ?


1999, En Campagne : Icare du Domaine St Loup. 

De ce fait, l’exaction est à proscrire, la mollesse aussi… c’est bien triste qu’un jury (archi sélectionné, je le rappelle) ne comprenne pas ça. De même que l’abus sur l’Allure Générale, des mètres à rallonge, des percutes qui frôlent plus qu’ils ne touchent ou des tardes à lâcher invisibles ? Il serait temps de remettre l’église au milieu du village et, afin de laisser de vrais chiens à nos enfants, il est nécessaire de définir tous ensemble la bonne orientation. Premièrement, les problèmes arrivent toujours en sélectifs. C’est drôle quand même, car toute l’année se passe à merveille et subitement « en sélectifs » ça se complique. Deuxièmement, qu’en est-il des pointages : des moyennes de 370 passent étrangement à 320, diantre ??? Stress, surentraînement ou concours léger ? Troisièmement, ce qui malheureusement en découle va se vérifier sous l’effet « mon chien, beau chien » et comme je l’explique ci-dessus ; des saillies se font « à la va comme j’te pousse ». Bref, un manque de rigueur + un manque de jugeote font que nous trouvons des Malinois qui n’ont même plus les instincts premiers, sans parler du mental de leurs ancêtres ?

Bilan des courses : manque de repère, manque de respect, manque de sélection et manque d’équité, tout ça commence à peser.

Il faut revoir nos priorités, en commençant par l’équité et par ricochet : les fameux concours au-dessus de 27 degrés. 

Sélection, Ring, Fondamentaux & Résistance à la chaleur. Acte 3.

https://www.facebook.com/groups/1546877235593655/

Ici même, sur notre page Facebook « Berger Belge, Ring, Sport & Utilisation » nous avons débattu et personne n’est tombé d’accord. Du coup, vous m’avez demandé de traiter le dossier et de vous faire part de mes conclusions, les voici :

La première des choses s’avère très simple. Afin d’être compris, il nous faut être irréprochable. C’est-à-dire, il nous faut systématiquement être dans l’explicatif et dans le fonctionnel. Dans l'explicatif pourquoi ? Ne perdons jamais de vu, que les gens qui regardent pour la première fois du Ring ne comprennent pas toujours cette discipline. Autant, une personne lambda qui tombe sur un concours d’Agility ou d’OB va immédiatement apercevoir le côté ludique de la discipline, autant en Ring, il faut lui expliquer.


La Complicité en Image : Ici la Dream Team "Alexa/Halien".

En fait, la dangerosité d’un regard coupé de son explicatif poussera cette personne à définir elle-même ce qu’elle voit et si l’on tombe sur quelqu’un d’aussi intelligent que réfléchi, ça ira. Par contre, si l’on tombe sur un non comprenant… c’est une autre histoire ! Voilà pourquoi une campagne d’information s’avère bien plus que nécessaire, mais vitale. Ensuite, imaginez cette même personne découvrant un concours de Ring en pleine chaleur ? Là encore, si tout se passe bien, il s’agit de justifier que l’élément chaleur est un pôle de sélection que nous recherchons activement dans notre génétique appliquée. Puis, imaginez un problème ? Cette fois, il va falloir expliquer qu’un coup de chaleur… hélas, ça peut arriver, etc. Bref, on le sait tous, qu’un coup de chaleur ça peut arriver même sur un parcours d’Agility, mais si ça arrive sur un parcours de Ring, nous serons mis à l’amande et j’ose à peine imaginer un tel drame sur une attaque de face ! De ce fait, nous avons 2 solutions : 
-          Soit, nous expliquons notre discipline par le biais des médias, mais bon… nous n’avons même plus la moindre revue spécialisée et ça à l’air de n’inquiéter personne.

-          Soit, nous faisons en sorte de palier à toute éventualité. C’est-à-dire, faire en sorte qu’il n’arrive jamais rien, surtout à une finale. 
En Mondio, ils ont trouvé la Parade. Ici Santana de la Sylbrillaume.
Voilà pourquoi, la préparation d’un parcours sur une finale à plus de 30 degrés me parait bien mal engagée. Partant de là, sur un sondage massif orchestré par mes soins, 3 options se sont révélées :
-          Un parcours par atelier (chacun passe à la suite) fut refusé en bloc. Certains Ringueurs ont même parlé de se retirer du monde du chien, si une telle idée venait à éclore.

-          Un parcours scindé en 2 comme en Mondioring. Celui-ci, fut également fustigé (pour ne pas dire calomnié) par les uns et placé en option par les autres.

-          Un parcours débutant sur les coups de 17 heures pour se finir en nocturne. Celui-ci fut réellement mis en avant. 
Voyons cela point par point.  
Outre un non-respect de l’esprit type de notre Ring, un parcours par atelier serait aussi long que pénible à mettre en place. Oublions bien vite cette idée. 
Un parcours scindé en 2 parties « sauts, plat & mordant » comme en Mondioring : sur ce type de propositions et après analyse, nous trouvons de bonnes options et des mauvaises. 
Les bonnes vont au crédit de mes explications. Nous faisons preuves de clairvoyance, d’équité et d’humanité en ne poussant pas le chien dans ses ultimes retranchements. A cela, 3 choses importantes s’imposent immédiatement :
1)      Nous partons du principe que la sélection se fait sur l’année et que l’hyper sélection se fait pendant le tournoi de sélectifs.

2)      Nous partons du principe que la Finale de Ring est un jour de fête et que nous sommes dans l’esprit de célébrer 26 ou 28 finalistes qui, certes s’affronteront pour le podium, mais avec une variante le week-end de la finale et seulement ce week-end.

3)      L’équité sera respectée totalement, car l’âge du chien peut éventuellement joué en sa faveur ou en sa défaveur. Exemple : un chien de 7 ou 8 ans passant à 14 heures. 
Cet aspect peut apporter un nouveau regard, pour ne pas dire un agréable suspens au terme du 1er parcours. De plus, nous pourrons accentuer les présentations des équipes sans perdre de temps. Enfin, sachez qu’à la base, cette initiative fut également fustigée en Mondio, alors qu’aujourd’hui… elle est applaudie.

Nota : Jadis et celà dans de nombreux concours, il n'était pas rare qu'un Cynophile passant de bonne heure proposait sa place à un chien plus âgé. En effet, partant du principe qu'un compétiteur de 7 ou 8 ans n'avait plus rien à prouver ; le propriétaire d'un chien de 3 ou 4 ans cédait volontiers sa place. Aujourd'hui, lorsque l'on parle de cette logique, on vous répond "le tirage c'est le tirage". Cherchez... l'erreur ?   
Le Champion Valmy Land Van Mechelaar

Les mauvaises seront évidements à l’encontre de la sélection. Parce que le Ring n’est pas le Mondio et qu’il ne faut pas oublier qu’un chien de Ring est avant tout noté sur sa capacité à exécuter et donc, à encaisser un parcours complet sans coupure. Du coup, à l’inverse de la philosophie du Mondio, c’est-à-dire « analyser un chien face à l’inédit ». Le Ring ne propose que peu d’inédit, mais énormément de technique "qui couplée au physique" forge sa sélection. De plus, la technique (combative ou tactique) a la faculté de s’épanouir (ou s’identifier) réellement que sur la totalité d’un parcours (soit sur les 40 minutes de compétition). Nous le savons très bien : un parcours de Ring scindé ne placera pas forcément le meilleur en tête, car ses qualités techniques, physiques, endurantes & perceptives seront amoindries. 
Cela dit avec un parcours scindé, tous les concurrents seront sur le même pied d’égalité et personne ne pourra plus dire : 
-          Cette équipe a gagné, parce que le chien est passé à la fraiche ! 
Outre la génétique du chien et toujours, en ce qui concerne la sélection à la chaleur. Il faut bien comprendre que plusieurs paramètres entrent en vigueur. Premièrement, le Ring Français se déroule sur un parcours intensif et qui dit intensif, dit préparation. Nous sommes tous d’accord sur ce point : 
-          la préparation physique du chien s’avère aujourd’hui prépondérante pour les concours de haut niveau. 
Comme, je l’explique ci-dessus, le sport prenant peu à peu le pas sur l’utilisation pure, nous notons une grande différence entre un chien qui travaille en milieu réel (troupeau, militaire, accompagnement, etc.) et un chien qui déroule un circuit d’une intensité totale. J’attire particulièrement votre attention sur ce point, car les deux formes de sélections sont différentes. D’un côté, nous parlons d’endurance, de l’autre : nous parlons d’efforts intenses regroupés en un laps de temps. Ceci est très important pour délimiter nos recherches en termes de sélections appliquées.
Sport, Récupération et contrôle, Ici le Champion Rep de la Fontaine du Buis.

Comme vous le notez, vous pouvez prendre le problème dans tous les sens, vous trouverez du bon et du moins bon dans la future organisation de nos Finales. Sauf que l’essentiel dans cette nouvelle approche est de sauvegarder la santé de nos chiens, tout en démontrant le bien fait de notre discipline et cela, en conservant un maximum de pôles de sélection pour nos cheptels. En clair, il faut réunir un aspect social, moral, sportif & sélectif.