vendredi 15 mai 2015

Philosophie et Prise de Risque !

Le Multiple Champion de France Ring : Persan du Domaine de Nimorlau.

En effet, c’est très important ?

Absolument, car voyez-vous… on ne gère pas un cheptel de 2 000 naissances, comme un cheptel de 10 000 et sur ce sujet, il faut savoir que sur une telle croissance, nous pouvons vite faire un amalgame, voire des amalgames. Il y’a donc une très nette différence entre élevage & production. Je milite toujours pour qu’un futur acquéreur de Berger Belge comprenne cette définition. Dans cette race, nous avons d’excellents éleveurs qui maitrisent parfaitement leur travail et qui savent faire face à toute éventualité. Il faut leur faire confiance et s’ils ont besoin de travailler avec un Belge « différent », ils vont tout mesurer et tout prendre en compte, c’est certain…  

C’est pourtant un risque ?

L’élevage est un risque, car il s’agit de donner la vie. Il ne faut jamais sous-estimer les risques, tous les risques... même s'il est insignifiant, mais outre le fait de la taille ou d’une couleur, nous pouvons étendre les problèmes « dysplasie, épilepsie, cécité, trouble du comportement, etc… », croyez-moi, c’est autre chose à gérer qu’un Bleu. De toute façon, vous pouvez réfléchir pendant des heures, la responsabilité est directement liée à l’éleveur, si celui-ci maitrise son sujet, il y’a toujours matière à discussion, car d’un côté il y’a la théorie et de l’autre la pratique. Rien ne remplace jamais la pratique… Je me rappelle d’une saillie dans les années 80 qui, si elle avait été étudiée par des spécialistes aurait créé moult polémiques et aujourd’hui, tout le monde reconnait le bienfait de cette alliance et ce n’était pas une question de couleur, mais de dentition. Je pense que nous avons de très fortes et belles lignées, de très bons éleveurs, de très bons dresseurs et un excellent Club. Encore faut-il les consulter et prendre la décision qui s’impose. En clair si quelqu’un me demande un avis sur un bleu, je lui dirais qu’il n’a pas sollicité la bonne personne. Des Cynophiles reconnus ont étudié de fond en comble cette particularité, c’est à eux qu’il faut poser la question.  

L'Epoustouflant : VASS du Faubourg des Postes
 
Effectivement, c’est compliqué ?
Non pas tant que ça, puisque nous conjuguons aujourd’hui, spécialistes & matière à discussion. Il suffit juste d’en parler une bonne fois en énonçant des théories & faits concrets, voilà tout. A ma décharge, je viens d’une époque où les Bergers Belges de qualités (santé, courage, disponibilité) étaient moins nombreux et avant d’exclure un bon chien de travail, il fallait être certain qu’il détruirait plus qu’il n’apporterait. Cela dit aujourd’hui, le cheptel demeure extrêmement riche et de ce fait, ma plaidoirie demeure obsolète. Après vous allez me demander pourquoi, j’ai eu cette idée de ne pas fermer la porte à un bleu, puisque je n’ai aucune attirance envers ce type de chien ? C’est simple, j’ai pensé aux autres, j’ai pensé large comme on dit et de plus, je suis « qui » pour mettre un véto ? Je ne suis qu’un passionné de Cynophilie et j’entends bien rester à ma place. Qui plus est, le Club ne m’a pas suivi et les bleus ne sont pas confirmables. Vous voyez qu’il n’y avait pas matière à clouer une chouette sur ma propre porte (rires...), pourtant cette affaire m’est revenue comme un boomerang et ma philosophie m’a sans doute jouée des tours, car j’aime et je continue à croire qu’il est plus simple de s’épanouir en liberté qu’autour d’une foule de règles. C’est ainsi, je suis comme ça… pas seulement en Cynophilie, je suis comme ça dans la vie ! Sauf que j’aurai dû rajouter que pour s’épanouir en toute liberté, il faut d’abord étudier et maitriser au minimum son sujet, car il y’a une liberté à étudier et non pas une obligation dans l’étude, on ne devrait jamais obliger quelqu’un à étudier, mais au contraire… le stimuler par les études.
Qui plus est en Cynophilie ?
En cynophilie ou autre. Dans chaque domaine, il faut être curieux, exalté, motivé et travailler pour comprendre, s’améliorer ou aider. C’est vrai que la Cynophilie demande des qualités particulières et pour cela, il faut souvent nous remettre en question, mais ne vous trompez pas : élever des Malinois, ce n’est pas un travail… c’est une Mission !

Shogun du Cami de Cathéric : T'es à moi Camarade...
 
Vous en avez débattu en tête à tête ?
Non malheureusement, les 2 débats (un en France l’autre à l’étranger) où je fus convié ont été orchestrés sur le net. J’ai donc donné mon avis, sur le fait qu’il ne fallait pas fermer la porte. J’ai donc eu droit à une foule de réprimandes ou certains n’ont pas hésité à brandir les lois de Mendel comme un Prêcheur la Bible, rien de grave… je suis habitué ! J’ai donc ré-ouvert les livres et j’ai survolé tout ça, sauf qu’au même moment, une personne m’a vraiment déstabilisé, il s’agit de Monsieur J-M Vantbusele. Son article "Les Bleus envahissent nos Malinois"m'a sacrément remis en question, il faut le lire et le relire pour s’apercevoir qu’un tel sujet n’est pas à prendre à la légère. Son texte m’a donné matière à réflexion et je vous invite à l’étudier, car il est particulièrement intéressant. Mais pour en revenir au débat de fond : aujourd’hui, des Malinois… ce n’est pas ce qui manque ? Expliquez-moi, pourquoi, il faut obligatoirement marier des bleus ? Pour l’inédit, l’originalité, hein… pourquoi ? De mon côté, je n’ai jamais utilisé un Malinois Bleu, je n’ai jamais dressé un Malinois bleu et je n’ai jamais été intéressé par un Malinois bleu. Bref, comme tout le monde : j’en ai vu quelques-uns en compétition et mon intérêt pour cette couleur c’est arrêté là. De ce fait et afin de compléter ce débat, il serait peut-être souhaitable de parler avec des cynophiles qui ont eu ce type de cas dans leur élevage et de savoir clairement ce qu’ils ont fait et ce qu’ils en pensent.
C’est donc un prochain débat ?
Un débat qui va être vite réglé, puisque comme je vous l’ai expliqué « « les bleus ne sont pas confirmables ». Sauf que l’on a beau prendre le sujet dans tous les sens, au bout du compte et quoi que l’on dise : un Malinois ce n’est pas Bleu, c’est fauve charbonné. Nous perdons un temps considérable sur des choses qui devraient être entendues depuis des lustres. A titre personnel, j’avoue par moment être largué avec le sentiment nostalgique de ne plus être en accord avec mon époque. On me pose (on m’intime serait plus juste) constamment des questions très étranges notamment sur la confirmation, du style : il faut absolument durcir les confirmations, car il faut savoir qu’aujourd’hui une majorité de cynophiles réclament pour une simple confirmation : test ADN, la (ou les) radio de dysplasie, plus de sévérité sur le standard « notamment sur les chiens de grande taille » et j’ai même entendu parler d’un coup de feu. Croyez-vous qu’un éleveur ne peut pas répondre à toutes ces questions par sa propre intelligence ? A-t-on besoin d’instaurer un coup de feu ? J’ose espérer que l’éleveur s’est assuré que ses femelles n’avaient pas de troubles et dans la foulée qu’il les a fait radiographier avant de les faires saillir. Faut-il vraiment rendre cela obligatoire ? En ce qui concerne l’ADN, je n’en suis pas convaincu et en ce qui concerne le caractère, la taille et le poids, il faut évidemment réfléchir.

ROCKY - THE GREAT !
 
Vous avez des exemples ?
J’en ai plein à commencer par des Utilisateurs de très haut niveau qui n’ont jamais voulu faire saillir leur chien prétextant qu’il était bon pour la compétition, mais que… ça s’arrête là. D’autres pour qui l’harmonisation est très importante, d’ailleurs, je vais vous donner un exemple concret : j’avais demandé à Monsieur Gilbert Guevel son étalon Oui’Ly du Vieux Marronnier pour une saillie sur ma femelle Bôken. La première réaction de Gilbert n’a pas été de dire « super, mon chien est un champion et ta chienne est en 3 » oh que non ! Sa première réaction fut de me dire « j’ai peur que le résultat, nous donne des grands gabarits ». Oui’Ly étant un Malinois « fort, grand & puissant » et bien que Bôken ne soit pas de grande taille, elle était très puissante. De plus, ses origines paternelles par Rocky donnaient de bonnes tailles, j’ai donc beaucoup réfléchi et je suis retourné sur Oui’Ly avec une femelle plus appropriée. Voyez-vous ? C’est ça, un vrai Cynophile, c’est quelqu’un qui pense aux résultats avant l’acte et bien évidemment, nous pouvions nous tromper et peut-être que cette portée aurait été intéressante, mais il y’avait de nombreuses possibilités qui pouvaient nous laisser entrevoir de sérieux molosses (rires)… Cependant, je maintiens qu’il ne faut pas écarter les chiens de grandes tailles. D’ailleurs, il est où le problème avec la taille, si le chien est véloce ? De mon humble avis, il faut analyser le chien avec un regard professionnel et se dire « que peut-il apporter au cheptel ? », là est l’importance de sa valeur. Qu’il soit grand, petit, fauve, rouge, avec une étoile, un plastron ou le bout des pattes blanches, nous sommes de toute façon, dans l’obligation de l’analyser. Les problèmes arrivent lorsque des éleveurs pensent sauvegarder, créer ou inventer quelque chose. Exemple, ils n’utilisent que des grands chiens et après, nous nous retrouvons avec un écart considérable par rapport au standard et préjudiciable pour le travail. De même que si des éleveurs n’utilisent qu’exclusivement des atypiques… ça devient du grand n’importe quoi ! Du coup, le Club de race sera dans l’obligation de prendre des sanctions et plutôt que d’avoir un regard sur l’utilisation avec un choix important de géniteurs, nous allons l’amoindrir parce que des intellectuels veulent jouer aux apprentis sorciers… c’est ridicule !
A vous entendre ça paraît simple ?
Et pourtant ça ne l’est pas. Par contre ce qui est simple, c’est : d’étudier avant d’élever et je ne parle pas forcément d’étudier dans des livres ou dans des écoles spécialisées, mais d’étudier avec de vrais éleveurs. Des éleveurs qui produisent régulièrement des bons chiens et si possible, des éleveurs qui disposent d’un panel large « dressage & historique » par exemple. Si vous étudiez l’historique, vous notez qu’il y’a toujours eu des atypiques, mais fort heureusement… ils ont toujours été compris, puis judicieusement mariés.  
Il y’a des Eleveurs dans l’obligation de travailler sur ce type de mariage ?
Bien sûr que ça arrive, si l’éleveur cherche à tout prix ce type d’origines pour compléter ou fortifier sa lignée, comment voulez-vous faire autrement ? Le premier problème est d’harmoniser la portée, car nous élevons des Bergers Belges et donc, nous avons des références… alors sans vouloir un CAC, nous pouvons espérer un Très Bon. Sans oublier que l’homogénéité est également très importante, il faut de solides gaillards avec un caractère bien trempé. Si l’éleveur trouve son bonheur dans des fédérations « moins regardantes », il aurait tort de reculer pour de fausse croyance.

OUI'LY du Vieux Marronnier Multiple Champion de France de RCI
 
 
D’ailleurs, il parait que le cheptel Hollandais est plus difficile à analyser ?
En Hollande, comme en Belgique, il faut connaître les programmes et les chiens employés. Puis analyser leurs origines et déterminer si elles sont adaptables dans notre élevage. Lorsque vous analysez les Malinois de divers pays et que vous discutez avec les éleveurs, beaucoup vous diront qu’une lignée structurée de véritables Malinois fonctionnent mieux que des pseudos retrempes. Je le dis et je le répète, rien ne vaut une lignée parfaitement structurée et ce n’est pas la peine de chercher midi à 14 heures : un Cynophile voulant acquérir un Malinois n’a pas 36 solutions, il se tourne vers la compétition ou le standard « là » et seulement « là » il trouvera un vrai Malinois. La preuve en est : tu as vu combien de Malinois autre que Fauve charbonné à la Finale Ring ? Soit, très peu… comme je l’ai expliqué, rabâché et aujourd’hui, j’en suis même essoufflé « il y’a des mauvais éleveurs parce qu’il y a de mauvais acheteurs », c’est ainsi et si des sanctions tombent, les gens ne pourront que récolter le fruit de leur bêtise et la récolte sera bonne…
Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi cette obsession pour les chiens de grande taille ou pour des bleus ?
Moi non plus, je ne comprends pas… un Malinois ne pèse pas 50 kg et il n’est pas Bleu. Que veux-tu que je te dise ? Peut-être, le truc qui va te démarquer ou alors, l’originalité ? Par contre, une chose est certaine, le jour où un éleveur va en sortir un « EXCELLENT » par mégarde dans une portée, que va t-il se passer si le chien arrive à très haut niveau ? Hein, ça aussi c'est une bonne question... parce que des bleus vraiment bons, ça doit exister !

Ares du Tison d'Argence... un pluridisciplinaire qui ne manque pas de type !
 
Vous en parlez souvent au Club ?
Oui, nous en parlons, car le cheptel est fort. Voilà pourquoi, je ne comprends pas ce type d’engouement. Remarque… chaque année, nous avons un effet de mode et cette histoire de bleu est déjà arrivée sur le tapis… il y a quelques années, peut-être 5 ou 8 ans. Les choses s’étaient tassées, car entre utilisateurs, nous avions souvent mentionné le sujet. Aujourd’hui, ça revient par vague, pourquoi ? Mystère… alors, faut-il réellement durcir les confirmations ? Je ne sais pas, il semble que les gens aient besoin de ça, c’est très étrange. J’ai vraiment beaucoup de mal à cerner cette époque, c’est pour cela que j’ai sollicité le Club pour avoir cette page Facebook « que désire un Ringueur pour 2015 », au moins nous pouvons parler et expliquer les choses « de l’élevage à la compétition ».
Que peut-on dire à un propriétaire ou à un futur acquéreur d’un Malinois Bleu ?
Il faut le faire travailler, ainsi vous saurez si votre chien est bon ou pas. C’est d’ailleurs valable pour les autres, rien ne vaut le travail. Je ne comprends même pas le désir d’avoir un Malinois sans le faire travailler. Mais pour en revenir à un Bleu, puisqu'il ne reproduira jamais : à ce stade... la couleur est secondaire, seule la qualité compte.

Malinois & Border !

L'Excellent Dresseur Mike Fransen et son Impressionnant Malinois Hazard Van't Muizenbos.

A t’entendre, on note que le Malinois est surtout fait pour Travailler ?
Je n’en suis pas persuadé... c’est un fait ! Le Malinois est un chien d’utilisation et l’utilisation commence par la compétition, puisque les lignées ont été conçues de la sorte. Les gens peuvent me dire ce qu’ils veulent sur le Malinois et que pour eux, ils préfèrent ceci ou cela… c’est une perte de temps, un vrai Malinois de travail : c’est sur un terrain que tu l’étudies et par le biais d’épreuves précises et si les exercices sont rétribués avec les bons pointages, c’est-à-dire si la discipline place les excellents avant les bons, nous continuerons à élever dans de bonne condition. En clair, plus ta discipline sera efficace… plus les chiens qui affronteront cette disciple seront forts, c’est aussi simple que ça !
D’où l’intérêt de cette page sur le Berger Belge et le Ring ?
Et oui, puisqu’en France le Ring est aussi populaire que sélectif. Il faut bien commencer par quelque chose et la priorité des priorités… c’est d’abord de nous parler, de nous rassembler : que souhaitons-nous et où allons-nous ? Si nous voulons améliorer la sélection, il faut des changements et si nous voulons plus pousser la compétition au détriment de la sélection, nous devons le savoir. De cette façon, nous pourrons travailler en conséquence et surtout expliquer aux jeunes générations « les fondamentaux ». C’est-à-dire pourquoi, il faut accentuer un gros pointage ici plutôt que là, etc… Il y’a un énorme décalage avec la jeune génération de Ringueurs, et je le dis souvent : Attention avec eux, ça va vite, ça dresse bien et c’est très propre dans la conduite. C’est pour cela, qu’il faut un dialogue, oh non pas pour jouer les moralistes de service, mais juste pour leur expliquer par où nous sommes passés, pour qu’aujourd’hui ils profitent de ce type de chien. Pour ça, Internet est un outil formidable, il suffit juste de nous parler et d’expliquer, car l’avenir est bientôt entre leurs mains.
L’avenir du Malinois ?
L’avenir de toutes les sélections, de toutes les disciplines et de toutes les races vouées au travail. Le fait est que le Malinois reste et restera le meilleur, ceci est une certitude…
Au début de notre discussion, tu parlais d'une seconde race ?
Au niveau de l’utilisation et de la sélection, oui. Sans hésitation : le Border. Parce qu’il prétend aux mêmes références. Ce chien n’est jugé que sur ses compétences et si demain, quelqu’un s’amusait à définir un standard précis du Border, il aurait tort et vouerait la race à sa perte.
Comment analyses-tu cela ?
Je pense tout simplement que Mère Nature a encore son mot à dire. Les éleveurs-utilisateurs n’ont jamais souhaité un beau chien, mais un standard qui favorise les aptitudes. D’ailleurs, qu’est-ce qu’un beau chien ? Vis-à-vis de qui et de quoi ? D’après Kant « L’agréable est ce qui plaît aux sens », j’aime à penser que chez le Malinois, le bon illumine le beau. Je me rappelle d’une réflexion de Mr Debonduwe : un jour où quelqu’un lui parlait du type d’Othar. Il avait répondu qu’on ne disait pas d’Othar qu’il était beau mais champion de France (rires). C’était répondu avec tact et franchise et après une telle phrase, que peux-tu rajouter ? En plus, nous avons assez à faire sur la sauvegarde d'une bonne santé et sur l’amélioration de l’atavisme, c’est déjà un gros boulot !

OTHAR de la Noaillerie : L'Empereur du Ring !
 
Pourtant, certains scientifiques ne sont pas d’accord avec ce principe ?
Sur l’atavisme ? Peut-être... sauf que le gros problème de nos vénérables scientifiques réside dans le fait qu’ils ne pratiquent guère et leurs interrogations viennent principalement de là ou d’une érudition "purement" théorique. La théorie : c’est très bien et il faut l’étudier, mais comme je l’ai souvent expliqué "rien ne remplace jamais la pratique", car souvent, nous avons des surprises avec la pratique ! D’ailleurs, si nous partons du principe que l’atavisme n’existe pas ou peu, pourquoi le Malinois est-il le seul chien à haut niveau ? Comment se fait-il qu’à 7 semaines, un chiot sache se positionner sur une caisse, qu’il morde immédiatement et qu’un expert puisse identifier précisément sa famille rien qu’en l’observant ?

Mr Rolland Thibault sans qui, rien n'aurait été possible.
 
D’ailleurs ça, c’est incroyable !
Certes, c’est un métier. En France, j’ai vu souvent Rolland Thibaut ou Eric Cavaillé définir un caractère rien qu’en observant un malinois. Personnellement, je suis un adepte du découpage morphologique. Je regarde absolument tout : tête, aplombs, masque, poitrail, démarche, etc. Mon œil y est exercé, c’est automatique. Néanmoins, avec les dilutions de grandes lignées, l’exercice devient difficile et seules les familles marquées m’indiquent une lignée…

Mr Eric Cavaillé & Luc Vansteenbrugge parfaitement entourés. Respectivement éleveurs du Cami de Cathéric et des 2 Pottois, l'utilisation Internationale leur doit beaucoup.
 
Tu penses que tout est lié et que la prise, le caractère, la garde d'objet, voire l’artifice peuvent se définir ?
Oui, absolument. Je dirai même que c’est indéniable. Prenons deux éléments simples : la prise et la garde. L’une et l’autre appartiennent au chien. Celui qui est né gardien, tu le sais vite. Pour la prise, si tu as un H-A intelligent, c’est encore plus facile. Tu devines, en observant le chiot, si il tire ou pousse, si il se bloque ou se tétanise et si il préfère crocheter ou rengamer dans une grosse toile. Encore que, ce dernier exemple peut aussi définir la fulgurance. En tout cas, l’étude du mordant dans le choix et la détermination de la prise indiquent une continuité. Il se peut que tu te retrouves devant un chien qui se lasse d'une légère toile et réclame plus de consistance, type gros boudin ou jambière. C’est plus fréquent qu’on ne pense, notamment sur des purs belges.
Ce serait donc lié à leur culture ?
Entre autres. À leur nature également : un Malinois Belge aime en avoir jusqu'aux oreilles. Il est d'ailleurs très rare – pour ne pas dire improbable – qu'un Apache Belge propose une toile de débourrage. En général, il attaque directement avec des manchons (ou jambettes Belges). Le chiot se cale et pousse, ce qui impose une double culture pour, exemple : préparer correctement un Malinois de type Flamand en France. Après, il y a les exercices imposés. Fort heureusement, nous sommes sur un registre identique : obéissance, sauts et mordants. Sauf qu'en Belgique, les parcours ne sont jamais identiques, il n’y a pas de fuyante ni d'attaque lancée en garde au ferme (elle est étudiée durant l'escorte et pas forcément sur des changements de jambe). Donc l'aspect technique se doit d'être assimilé rapidement et c'est là que nous découvrons la force brute du Malinois Belge car, s'il est convenablement guidé, il s'adapte en France. Alors qu'un « French-Ringueur » typique a beaucoup plus de mal à s'imposer en Belgique, surtout sur le programme NVBK. Pourtant, il ne s'agit pas d'une histoire de courage ou de confrontation car un chien de Ring Français est tout aussi pétri de qualités… Non, en fait, le problème tourne autour de la prise conjuguée à l'artifice, car traverser un artifice sans réfléchir est une chose et structurer une prise pleine gueule dès la sortie de l'artifice en est une autre. Bref, la grosse difficulté est de lier les deux sur une attaque toujours changeante.

Erkus des Lycans d'Arget : La Classe au service de la Fougue !
 
Pourtant, on reconnaît bien le style Mondio sur la percée d'artifice, non ?
Pas toujours et le problème est là : je me souviens d’une finale Belge où il n'y avait pas d'artifice visuel. Le chien traversait le terrain, enjambait une bâche et sautait sur une estrade. Il attrapait l'Apache et soudain, l'estrade se mettait à vibrer dans un boucan d'enfer… OK, il vaut mieux avoir les nerfs solides (rires), de plus, comment tu prépares un truc pareil ? Il faut déjà avoir l'idée, puis le matériel !!! Idem sur un autre parcours : le chien devait saisir l'H-A qui le réceptionnait avec deux gros sacs remplis de mousse et pendant qu'il testait son courage, un compère sortait d'une cache en hurlant et en le molestant avec un sac identique. Ces deux mises en scène m'avaient fortement troublé et je pense qu'à l'instar des kamikazes Hollandais, les termes « courage, stabilité et passion » ne sont pas trop forts !

Voici un Superbe Saut de Fossé : MARCO à Hoboken en 1998.
 
Peut-on tester les dispositions d’un chiot malinois face à l'artifice…
Oui, je le pense, mais avant de placer un chiot face à son destin, il faut d’abord l'analyser dans la vie. Perso, j'ai toujours regardé ses comportements, surtout devant les difficultés visuelles. Exemple : quand tu lances une balle dans un bosquet, tu découvres trois cas : celui qui fonce dans le bosquet, celui qui y va mais pas trop rassuré et celui qui fait le tour. Je vais donc positionner ce schéma sur une prise mais avant, je détermine s’il préfère le haut ou le bas.

Tu veux dire s’il préfère attraper les bras plutôt que les  jambes ?
C'est plus compliqué que ça mais oui, en quelques sortes. Il y a une méthode que j'ai vu chez Philippe Desamblanc qui consiste à planter deux piquets à environ 2 mètres l’un de l’autre. Ensuite, tu tends une bande en plastique (type rubalise ou un peu plus large) en laissant de la place en dessous. Tu te positionnes avec un boudin derrière et tu demandes à un copain de lâcher le fauve. Là, le chiot n’a qu’une envie : t’attraper. Alors tu recules gentiment, histoire de voir comment le bougre place le coup de rein décisif et là, tu vois s’il passe par au-dessus ou dessous. Tu réitères plusieurs fois et s’il reste sur le même schéma, ce n’est pas parole d’évangile, mais tu as une petite idée sur sa nature.
Le Ring Belge : Quand l'Efficacité se conjugue avec la Performance !


Il y a donc des chiens prédestinés en haut ?
En voilà une bonne question (éclat de rires…) ! Les Belges disent que nous « Français », nous avons toujours un nom savant pour déterminer un mauvais chien : Tu as : aérien, demie-gueule, bout de gueule en séchage, bec, etc. Mais c'est notre discipline qui nous l'impose, car eux comptent le mordant et nous, nous le décomptons. Alors, au grand dam de mes collègues : oui, j’en suis convaincu. Il y a des aériens naturels et je réfute complètement la théorie : « Un grand chien doit mordre aux jambes ». Cela dit, je pense qu’un bon chien doit faire son taf et ce, quoi qu’il arrive. Attention, je ne dis pas que certains dresseurs très habiles n'ont pas déguisé le travail de leurs chiens qui, fort disponibles mais trop friables, ne supportaient pas la pression d’un bonhomme sur la jambe. Je dis simplement qu’il y a des chiens qui montent par conviction profonde, comme d'autre pulvérisent les artifices. Parce que si on recommence l'exercice que je viens de t’expliquer en obstruant légèrement la partie vide et que le chiot retraverse à la même vitesse, j’ai encore une indication. Il ne me reste ensuite qu’à alterner les artifices : eau, cerceau, petite bâche, etc. Si le chiot franchit n’importe quoi, avouez que c’est troublant quand même ? Soit il est inconscient, soit le désir de mordre est plus fort que tout, soit l'artifice est intégré dans son cursus, soit l'ensemble fait désormais partie de son quotidien. Il n'y a plus qu'à creuser la question. D'ailleurs, sur ce point, imaginez un Ringueur qui achète un Malinois : est-ce qu'il demande à l'éleveur si le père de son futur chiot avait peur du bâton ? Non, au grand jamais ! Il part du principe que cet élément est parfaitement intégré. Pourquoi un chien Belge n'aurait pas droit à ce privilège sur l'artifice ou sur la stabilité de sa prise ?
Comment t’es-tu aperçu de cela ?
En étudiant certains critères dans le cadre d’une analyse des divers courants de sang. Je visionnais un vieux film, dont voici le sujet : un jeune Malinois part vivement, accélère pour arriver à 3 mètres de l’H-A. D’un coup, il se bombe, ré accélère et frappe avec force l’Homme d'Attaque. Bien que la face ait été typiquement « Ring Français », j’ai trouvé que dans l’attitude, le Malinois avait anticipé l’attaque comme s’il franchissait un artifice. Sa détermination était telle qu’il ne voulait pas perdre : il voulait l’attraper, quoi qu’il arrive. Depuis, cette image m’a suivie et je me suis concentré pendant très longtemps, sur le franchissement de l’artifice, l’entrée d’attaque de toutes les disciplines est devenue mon leitmotiv, pire... mon obsession ! Ce qui m’a amené sur d’autres terrains : la résistance sur de l'inédit et les différences de tempérament, comme le potentiel, le caractère, la stabilité, l'équilibre et le fameux standard qui me rappelle curieusement cet adage : « La beauté du corps, découronnée de celle de l'âme, n'est qu'un ornement ». C'est tellement vrai !

 
Pour les amateurs de Border, je vous invite à lire le superbe livre de Jean Piacentino. Un grand Merci à Laura, Nathalie, Philippe, Christophe, Pascal, Fabrice et quelques autres. Le chiot couché et la tête dans la jambière se nomme Guevara du Tison d'Argence en sélectifs cette année. A bientôt avec la suite  prochainement…

vendredi 20 mars 2015

FINALE RING :

 
§ DICKSON THE GREAT §
 
 
- COUPE DE FRANCE 2014 -
 
 
Les SAUTS : Dynamiques, Précis & Techniques
 
 
Monsieur MICHEL PECHEREAU : Eleveur, Dresseur Pluridisciplinaire, H-A Légendaire & Multi-Finaliste. 
 
 
Alors si les 2 éléments Fondamentaux « courage & santé de fer » sont ici représentés au pied de la lettre… Voici un excellent Malinois conjuguant 3 autres atouts indissociables de la sélection canine « puissance, disponibilité & réceptivité ». En effet, ledit Dickson possède l’armada nécessaire pour faire tourner la tête d’un amateur éclairé. Certes, d’un physique plutôt costaud, mais harmonieux, il délivre cette superbe couleur Fauve (très) Charbonnée que de nombreux experts adorent. De plus, sa texture de poil nous laisse entrevoir une possibilité de mariage Inter-Variété, ce qui « là » encore : nous oblige à analyser ce Malinois sous toutes les coutures. Chers amis, nous avons peut-être trouvé un « Etalon idéal »…    
 
- DEFENSE DU MAITRE - 
 
 
                                         Cops du Parc Aux Acacias Finaliste Ring
                     Loubard des Loups Mutins Finaliste Ring & Mondio
                                   Frondeuse des Loups Mutins (Voltaire – Robin – Yttro)
         Syborg du Haut de L’Arize Etalon d’Elevage Ring3
                     Gino de la Virginie Etalon d’Elevage Ring 3 (Frère de G’Bang)
                  PAM
                    Hendy du Domiane St Loup Ring1 (Dusty, Atos, Varak, Robin)
DICKSON Ring 3 Finaliste Ring.
                                        Tornado du Boscaille Ring3 (Kim x2)
                       Riff du Calvaire Aux Acacias (Fort tempérament)
                                  Lola du Calvaire aux Acacias (Cops, Ivan, Othar)
            TINA
                        Maik des Loups Mutins Ring 3 (Cops, Cheyenne, Badge)
                    PIN-UP
                             Jazzy du Lac du Lezert (Clip, Utha, Buton, Robin) 
 
- FUYANTE CANON -
 
 
- RECHERCHE -
 
"THE" Sortie d'Cache...
... ça va Piquer ????
 T'es à moi... Camarade !
Bien Joué !
Hé Hé... Plutôt Fier de son coup, l'ami Damien.
Tentative en enroulée...
... J't'ai eu !
Avec les félicitations d'usages, chapeau Damien !
 
Dans les grands moments : Les Fans sont toujours au Rendez-Vous.
 
 
 Au Programme : Entrée Puissante & Latérale Pivot Plongeante...
Du Grand Art, pour 2 Fuites Cosmiques !!!!
Une superbe Garde au Ferme avec un Travail Titanesque de Marc, Bravo !
 
Dickson "le Bulldozer" dans un simple retour au pied, vous avez dit Puissant ?  
 
 
 - GARDE D'OBJET -
 
En Voilà une Belle Sortie Franche !
 
La Valise est toujours un moment particulièrement stressant pour le conducteur (surtout lorsque l'on a été un expert de l'exercice en tant qu'H-A de concours).
 
Mais pas de problème pour Dickson, la prise me semble correcte...
 
... Ou particulièrement efficace, même sur une attitude plutôt Rock"N"Roll.
 
 
- ATTAQUE DE FACE -
 
 
Encore une latérale pivot de toute beauté...
...Enchainée d'un "Calé-Poussé" Epoustouflant !
 
 
Bref : Un sacré Malinois, un sacré conducteur et une sacrée Equipe !